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Savoir-faire individuels

Les priorités en survie

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Qu’est-ce qu’une situation de survie ?

Lorsqu’on entend parler de situation de survie, on s’attend à une lente descente aux enfers, tiraillé par la faim, obsédé par la recherche de nourriture et traquant sans cesse le moindre petit gibier, une lance à la main, etc. Image largement véhiculée par les médias (tous supports confondus) et reprise par les concepteurs de matériel de « survie ».

Et pourtant ! En fait, notre corps répond à des lois physiologiques claires et identifiées depuis très longtemps. Pour tenter de s’en souvenir et poser les bons actes en situation de « survie », Ron Hood a établi qu’on survivait 3 heures sans abri, 3 jours sans boire et 3 semaines sans manger. Ce sont bien sûr des moyennes, mais cela permettait déjà de hiérarchiser un peu les besoins que l’on pouvait avoir en tant qu’être humain.

David Manise (Fondateur et Directeur Technique du Centre d’Étude et d’Enseignement aux Techniques de Survie) a, quant à lui, complété cette première règle pour y placer l’ensemble des besoins physiologiques.

Au final, on peut considérer que l’on survit :

3 secondes sans vigilance

Par exemple, je cherche une station 2 secondes sur l’autoradio à 130 km/h sur l’autoroute, je lève le nez pour avoir juste le temps de réaliser que je percute la rambarde de sécurité la seconde suivante. Cela signifie donc qu’il faut en permanence être conscient et informé de ce qui nous entoure, être « aware » comme dirait JCVD ;).

La plupart des accidents « cons » arrivent par inadvertance.

3 minutes sans dioxygène dans les centres vitaux

Autrement dit, il faut une respiration qui fonctionne, un système sanguin avec assez de pression pour que le sang circule dans tout le corps, le tout sans altération de la conscience.

Le brevet de premiers secours (PSC1) a sauvé et sauve encore des centaines de vies tous les jours. Formez-vous !

3 heures sans réguler sa température corporelle

C’est ce qui tue le plus de gens dans la nature, souvent en association avec autre chose (une hypothermie et une cheville cassée au beau milieu des Pyrénées par exemple).

La gestion de la température corporelle passe par énormément de choses comme respecter la physique de base (les façons dont on échange la chaleur avec notre environnement), la gestion des couches de vêtements, faire du feu, faire un abri, etc.

3 jours sans boire

Lorsque nous n’avons qu’une simple sensation de soif, nous sommes déjà déshydraté à 2%. Et 2% de déshydratation signifie que nous avons perdu 10% de nos capacités physiques et mentales. En situation de « survie », on ne peut pas se permettre de ne pas fonctionner de manière optimale. Nous avons besoin de toutes nos ressources intellectuelles et physiques pour poser les bons gestes, à commencer par respecter cette « check liste » ;).

3 semaines sans manger

Et parfois beaucoup plus ! Un homme d’environ 70 kg de taille moyenne contient environ 7 kg de gras (10%). À ces 7 kg on peut enlever environ 2 kg d’eau (30% d’eau dans la graisse), ce qui nous donne 5 kg de graisse à 9 kcal le gramme. Au final, après un rapide calcul, on se retrouve avec 45 000 kcal de stockées dans notre corps.

En prenant une base de 2000 kcal de consommées par jour, cela nous donne 22 jours !

Se nourrir, en situation de « survie », n’est donc pas une priorité ;).

3 mois sans hygiène

L’hygiène sur le terrain est primordiale, au risque de laisser survenir des petits désagréments qui rendent la vie infernale voire même empêchent toute action (la fameuse ampoule non soignée par exemple).

3 ans avec un boulot de merde

Certain(e)s y résistent mieux que d’autres ;).

Ainsi, chasser le cerf avec un arc réalisé avec le lacet de la rangers, n’est pas pour demain. Voilà qui est dit ;).

Nous venons de voir que notre corps avait des besoins physiologiques, hiérarchisés dans cette « check liste » qu’on appelle règle des 3 (je vous laisse deviner pourquoi).

Cependant, la nature étant bien faite, nous sommes dotés « d’outils » pour subvenir à nos besoins.

Ces outils, sont regroupés sous l’acronyme C²VMD et Ça, Ça Vaut Mille Dollars ;).

C pour « Conscience »

Nous sommes des êtres doués de réflexion et notre première arme est notre Cerveau ! Il est d’autant plus important de le garder en bon état de fonctionnement (petit rappel, on survit 3 minutes sans quoi déjà ?)

C pour « Communication »

Les militaires savent à quel point « garder la liaison » est important. Cela permet, tout simplement de s’organiser et collaborer.

En situation de « survie », savoir communiquer avec les sauveteurs (appel, signaux, etc.) permet de rentrer au plus vite au bercail.

V pour « Vision »

Tout le monde a déjà eu une poussière dans l’œil. Imaginez maintenant deux secondes que vous perdiez la vue.

M pour « Mobilité »

 Si monter un abri et allumer son feu sont déjà deux choses complexes, qu’en serait-il avec un bras cassé ? Une cheville cassée ?

D pour « Dextérité »

Que celui qui ne s’est jamais énervé devant un nœud récalcitrant en plein hiver avec les doigts gourds me jette la première pierre !

Nos doigts et plus particulièrement la « pince » que forme notre pouce ont été une avancé majeure dans l’évolution de notre espèce.

Nous nous retrouvons ainsi avec des besoins physiologiques (Règle des 3) mais aussi des moyens pour y subvenir (C²VMD).

Une situation de survie c’est donc, par définition, lorsqu’un point de la règle des 3 ou du C²VMD est touché. C’est à ce moment là qu’il faut mettre tout en œuvre pour rétablir ces deux « check listes » fondamentales.

Cependant, cette capacité à agir dès les premiers instants est conditionnée par la volonté de survivre ou « l’attitude ».

Vous avez déjà vu un petit chat menacé ? Ou entendu des histoires de sangliers blessés qui foncent sur les chasseurs pour les éventrer ? Eux ont l’attitude. Ils ne lâcheront rien tant qu’ils ne seront pas tirés d’affaire.

Ainsi, comme Maslow, nous avons aussi notre pyramide qui remet un peu les choses à leur place quant à nos facultés à « survivre ».

En bas de la pyramide se trouve l’Attitude.

Sans cette volonté de ne rien lâcher, vous mourrez d’une mort lente et douloureuse ;). Attention, cela ne veut pas dire qu’on n’a pas le droit de pleurer, de hurler si cela permet derrière de poser les bons gestes. Et au quotidien cela se travaille, en ayant jamais la flemme de faire quelque chose notamment.

Au dessus se trouvent les connaissances et les compétences.

On l’a dit, notre premier outil est notre cerveau qui nous permet d’avoir des connaissances (je sais que si M.Dupont a une hémorragie, je dois appuyer dessus) qui, avec l’entraînement/l’expérience se transforment en compétences (je sais poser un pansement compressif sous stress).

Encore au dessus se trouve le physique.

Il permet de décupler votre attitude et vos connaissances/compétences, le physique étant à leur service. Pas besoin d’être un sur-homme mais pour marcher longtemps, courir un peu, sprinter, tirer son propre poids est un minimum.

Et enfin, au sommet se trouvent les outils.

Ils sont le prolongement de votre attitude, des vos connaissances/compétences et de votre physique. Autrement dit, m’acheter une trousse à outils Facom ne fera pas de moi un mécano. Avoir un bistouri dans les mains ne fera pas de moi un chirurgien. Cela relativise les tonnes de forums et sites internet regorgeant de matos « tactikeul » pour nous faire croire que nous sommes « des vrais ».

Tout ceci, n’est que du bon sens de base. Il n’y a pas de recette magique. Simplement des besoins physiologiques et des moyens d’y subvenir, le tout tout dicté par une volonté féroce de survivre.

Nous sommes le fruit d’une longue évolution où seuls nos ancêtres les plus résistants ont pu engendrer une descendance. Nous sommes donc des « machines à survivre » ayant pris le meilleur de nos ancêtres. Faisons-nous confiance.

Guillaume Mussard, moniteur de survie au CEETS (http://stages-survie-ceets.org/).

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3 Comments

3 Comments

  1. Philippe Ollioules

    28/09/2013 at 07:06

    Excellente intro avec un ton décalé par rapport à ce que l’on peut lire par ailleurs sur le sujet.
    On a l’impression de se trouver dans la salle face au tableau blanc pour le briefing d’intro avant de partir sur le terrain pour le stage.
    Petite suggestion : l’adresse du site du CEETS est mentionnée, mais un hyperlien serait sympa (ha oui l’attitude et la flemme….. Ok, ok, je fais un copier/collé…)

    Bon courage pour la suite des articles !

  2. Philippe Ollioules

    19/10/2013 at 20:42

    Alors Guillaume?
    Un petit coup de mou ?
    Y’a plus d’article sur la survie ?

    Et Hugues faut réveiller les troupes ! Au TAF les gars !?!

    (Pas de malaise, chacun son rythme, mais on prend goût aux bonnes choses….)
    😉

    • Hugues

      23/10/2013 at 17:47

      Bonsoir Philippe ! Je transmets le message à Guillaume.

      LTN Winters va reprendre du service, pour les autres c’est vrai qu’il y a quelques priorités persos ces derniers temps mais on va faire quelque chose !!

      Des eBooks sont en programmation également ^^

      En tout cas merci du soutien !! Ca motive !!

      A la prochaine !

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La thermorégulation du corps humain (2/3)

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L’Homme est un animal homéotherme, il a besoin d’avoir sa température centrale constamment aux alentours de 37,5°C. Malheureusement, la nature fait tout pour nous pomper de la chaleur, comme nous venons de le voir. Le corps doit donc réagir pour ne pas se refroidir.

 

Chez l’Homme, lorsque les thermo-récepteurs sensibles au froid captent une baisse de la température cutanée due au froid (de l’ordre du dixième de degré !) une série de mécanismes innées et involontaires est déclenchée.

 

À court terme

 

La vasoconstriction 

 

Lorsque notre corps a froid, une des premières réactions de celui-ci, sous l’effet de l’adrénaline, va être de contracter ses petits vaisseaux sanguins proches de la peau (capillaires) ainsi que les petites artères qui irriguent doigts, oreilles, orteils et nez. En effet, ces parties représentent de grandes surfaces d’échange proportionnellement à leur taille et au volume sanguin qu’elles contiennent, le corps va donc d’abord chercher à économiser sa chaleur qui part par là.

Ceci permet de limiter les échanges thermiques entre notre peau et l’extérieur : comme nous l’avons vu plus haut, le corps perd de la chaleur (ou énergie), «captée» par notre environnement (soit par conduction, convection, radiation ou évaporation, vous vous souvenez ?). Cette chaleur est en majeure partie transportée par le sang et en étant sous la peau elle est donc facilement exposée à notre environnement. Le sang est alors transporté vers le centre de l’organisme où il sera protégé des déperditions de chaleur puisque mieux isolé (plus de masse adipeuse -graisse- au centre de la masse qu’aux extrémités). De plus, cela permet aux organes vitaux de rester alimentés par du sang à température idéale.

Ainsi, ces parties périphériques seront toujours sacrifiées au profit du noyau vital en cas de nécessité.

 

Frissonnement

 

En plus de la vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques permettant de conserver la chaleur, un mécanisme va être mis en jeu pour produire de la chaleur : une hormone, l’acétylcholine, est sécrétée et va augmenter la contractilité de nos muscles.

Autrement dit, plus on a froid plus les muscles auront tendances à se contracter facilement, jusqu’à ce que cela devienne involontaire, c’est le frissonnement.

Ces frissonnements sont tellement puissants que seul le meilleur carburant de notre corps peut les alimenter : le glycogène (sorte de glucose transformé qui est stocké dans le foie pour la majeure partie mais aussi dans les muscles eux-même). Le problème est que nos réserves de glycogène sont limitées : on a environ 24 H de glycogène stocké dans notre organisme.

Le frissonnement ne peut donc pas être infini. C’est notre ultime recourt face au refroidissement et il faut tout faire pour éviter d’en arriver là !

 

Thermogenèse volontaire

 

Un autre mécanisme peut entrer en jeux dans la production de chaleur grâce aux muscles à court terme : la thermogenèse volontaire.

Par exemple, un individu exposé au froid qui décide de marcher va produire de la chaleur. Au repos, un corps humain moyen produit en 70 et 100 watts de chaleur, alors qu’en activité physique intense, il peut dégager jusqu’à 1500 watts!

 

L’horripilation 

 

Nos ancêtres, il y a encore quelques millions d’années, étaient recouvert d’une épaisse couche de poils.

L’érection des poils avait pour but de conserver la chaleur en emprisonnant une importante couche d’air sous les poils en augmentant leur volume (l’air étant le meilleur isolant qui soit).

Aujourd’hui, ce réflexe n’est plus d’aucune utilité puisque notre corps n’est quasiment plus poilu. A la place, nous portons des vêtements ayant exactement le même but : se protéger du froid (en emprisonnant une couche d’air plus ou moins épaisse).

 

À long terme

 

Augmentation de la couche de graisse

 

À l’approche de l’hiver, notre organisme stimule l’appétit pour les aliments riches en graisse. La graisse étant un très bon isolant et stockée sous la peau, se réflexe permet d’augmenter notre isolation corporelle (et donc de mieux résister au froid).

De plus, comme nous le verrons plus tard, dans « thermogenèse involontaire du corps humain », cette graisse possède certaines propriétés qui font d’elle un moyen de chauffage en plus d’être isolante.

 

Adaptation à l’hypothermie

 

Les Inuits vivent très bien par des températures largement négatives sans pour autant ressembler à des bibendums accumulant les couches de vêtements… Pourtant, il n’existe pas de gêne du froid.

Il a été montré que le corps des Inuits s’était adapté, depuis leur enfance, à l’environnement dans lequel ils vivaient.

En effet, les Inuits n’ont pas besoin d’avoir une température interne de 37° C mais peuvent fonctionner naturellement à 36 voire 35°C (nous verrons plus loin qu’à cette température un individu non acclimaté serait déjà en hypothermie légère).

De plus, contrairement à un individu non acclimaté, les Inuits ont une proportion d’adypocytes bruns au niveaux du cou et des joues beaucoup plus importante, ce qui leur permet de brûler beaucoup plus de graisse dans cette zone et donc de produire de la chaleur (cf paragraphe ci-dessous).

À travers cet exemple, nous voyons bien que le corps peut s’acclimater au froid en y étant exposé quotidiennement sur une longue période.

 

Thermogenèse involontaire du corps humain

 

La couche de graisse décrite plus haut est stockée dans deux types distincts de cellules adipeuses.

Nous avons tout d’abord les adipocytes blancs qui stockent les graisses et ensuite les adipocytes bruns qui les brûlent.

Sous l’effet d’une hormone, la noradrénaline, l’organisme va stimuler la création d’adipocytes bruns qui vont ensuite se mettre en activité pour «brûler» la graisse (stockée dans les adipocytes blancs) et donc augmenter le métabolisme basal et produire de la chaleur. Cela permet de ne pas puiser dans nos réserve de glucose, comme c’est le cas lors du frissonnement.

Si notre alimentation est assez riche en graisses et que nous sommes acclimatés, notre organisme peut donc produire assez de chaleur pour conserver sa température interne stable dans le froid grâce aux adipocytes bruns sans utiliser sa réserve « de la dernière chance » et déclencher le frissonnement.

Ainsi, c’est en majeure partie par l’augmentation des adipocytes blancs et bruns que se fait l’acclimatation à long terme au froid.

 

 

Guillaume Mussard, moniteur au CEETS.

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Comment supporter la chaleur ?

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Les beaux jours sont de retour, vous marchez sur un joli petit sentier en montagne, vers 2000 mètre d’altitude, il est 14 heures, vous avez déjà repris la marche depuis 1h30.

Soudain, l’un de vos deux copain s’effondre, devant vous… Oh c’est balot …

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Le mal est déjà fait : il est victime d’une « hyperthermie » ou « coup de chaleur » dû à l’effort et à l’ambiance chaude. Comment ne pas en arriver là ? Autrement dit, comment éviter l’hyperthermie ?

Voyons donc comment continuer à bien fonctionner par temps chaud…

Qu’a-t-on envie de faire lorsqu’il fait très chaud ? Rien n’est-ce pas ? Enfin si, trouver la meilleur place à l’ombre pour y faire la sieste ;).

Le corps humain est bien fait, par forte chaleur il passe en mode « zen attitude » afin de produire le moins de chaleur possible due aux mouvements qui viendraient s’ajouter à la chaleur ambiante.

On essayera donc, dans la mesure du possible, d’économiser tout mouvement.

Évidemment, on évitera les heures les plus chaudes de la journée, soit 14h-16h (12h-14h heure solaire), pas la peine d’en rajouter ;).

Malheureusement il arrive parfois que l’on ait pas le choix, que l’on ait à produire un effort en ambiance chaude. Heureusement pour nous, la nature nous a doté d’un magnifique outil entre les deux oreilles que l’on va pouvoir mettre à profit pour fonctionner sous ces fortes chaleurs.

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Pour se faire, commençons par quelques notions de physionomie et de thermodynamique.

La chaleur est transportée dans notre corps via le sang. Le corps lui a besoin d’être constamment aux alentours des 37.5°C. Il joue donc sur l’afflux de sang dans le corps afin de conserver cet équilibre autour de 37.5°C.

Ainsi, lorsqu’on a trop chaud, le corps cherche à relarguer de la chaleur dans l’environnement pour rester à 37.5°C. Il envoie donc beaucoup de sang à la surface de la peau afin que la chaleur qu’il transporte puisse être transférer à l’environnement facilement. On parle de « vasodilatation » (littéralement : dilatation des vaisseaux sanguins). Exemple : quand votre peau devient toute rouge dans un bain bien chaud, c’est parce que le sang est près de la surface de sa peau.

Mais le corps humain est complexe et certaines zones sont plus vascularisées que d’autres ou ont moins cette capacité à dilater/contracter les vaisseaux sanguins.

C’est le cas de la tête, du cou et du tronc. On dit qu’en moyenne, 60% des échanges de chaleur avec l’environnement se font via ces zones : 20% pour la tête, 20% pour le cou, 20% pour le tronc (et 10% pour chaque membres).

Compliquons un peu les choses maintenant. L’environnement nous pompe de la chaleur, transportée par le sang jusqu’à la surface de la peau, de manière non uniforme comme on vient de le voir. Mais comment fait-il ?

Il y a quatre phénomènes physiques qui font que l’on échange de la chaleur avec l’environnement : la conduction, la rayonnement, l’évaporation et la convection. Afin d’y voir plus clair, voici quelques exemples :

Conduction : je pose ma main sur la plaque électrique encore chaude, je me brûle par conduction, il y a transfert de « chaleur » de la plaque vers ma main,

Rayonnement : le soleil nous chauffe par rayonnement, en envoyant ce que l’on appelle des rayons infrarouges. Le feu de camp aussi nous chauffe via ses rayonnements infrarouges,

Évaporation : pour transformer l’eau liquide en vapeur il faut il apporter de l’énergie (autrement dit : pour faire bouillir l’eau des pâtes il faut la mettre sur le gaz). Le corps utilise ce phénomène pour se refroidir, c’est la transpiration (l’eau liquide à la surface de notre peau s’évapore en nous pompant de la « chaleur »),

Convection : le petit vent frais qui passe sous l’arbre sous lequel je viens de m’allonger à l’ombre me refroidit par convection.

Bien. Et si on combinait tout ça maintenant ?

Éviter de se mettre en plein soleil aux heures les plus chaudes, vous voyez pourquoi maintenant ? Et oui, afin de ne pas être exposé aux rayonnements ! Lorsque les arbres ne sont pas légion, il ne faut pas hésiter à tendre un abri pour créer une zone d’ombre, l’idéal étant la couverture de survie avec la face alu vers le ciel qui renverra les rayonnement d’où ils viennent.

Lorsque la pause à l’ombre n’est pas envisageable, on veillera à se couvrir l’intégralité du corps afin de bloquer les rayonnements (et les coups de soleil). Oui mais comment ?

Avec des vêtements et un chapeau à large bords (pour protéger aussi la nuque et les oreilles) de couleur claire, amples et en coton si possible. Le noir absorbe la « chaleur » alors que les couleurs claires vont renvoyer un peu de rayonnement (c’est pour cela que les voitures noires sont un vrai four en été). Le fait qu’ils soient amples permet à l’air de circuler à l’intérieur (et oui, ce n’est ni plus ni moins que de la convection à petite échelle).

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Le coton quant à lui est une fibre hydrophile. Il aime l’eau et nous aussi, dans ces conditions.

Plutôt que de transpirer à grosses gouttes et laisser votre corps perdre toute son eau, pourquoi ne pas ré-créer une transpiration artificielle ? En mouillant vos vêtements, ils vont sécher sur vous grâce au phénomène d’évaporation, vous venez de créer la clim du pauvre. Cela peut-être de l’eau croupie, on s’en fiche, elle s’évaporera tout pareil. Mais vous aurez conservé votre précieuse eau.

Mieux encore, on peut ajuster assez finement cette « clim » : en jouant avec les zones d’échange du corps. Il suffit de mettre un linge mouillé autour du coup et/ou sur la tête pour sentir de suite l’effet « kiss cool » (vous vous rappelez ? 20% par la tête, 20% par le cou, etc.).

Et l’eau justement dans tout ça ?

Nous avons vu plus haut que le sang transportant la chaleur dans notre corps alors facilitez-lui la tâche, restez bien hydraté ! Le sang restera fluide et le transfert de chaleur vers l’environnement ne sera pas altéré.

Lorsque l’on est bien hydraté, on a une urine claire et abondante. En effet, le corps peut se permettre de relarguer de l’eau dans les urines puisqu’il en a suffisamment pour réhydrater les cellules.

On boira donc régulièrement en quantité modérées, avant d’avoir soif.

La soif est le signal du corps qu’il est déjà déshydraté à 2% et qu’il fonctionne plus qu’à 90% de ses capacités physiques et mentales. Pourquoi donc se priver de 10 % de ses capacités ?

L’ensemble de nos cellules peuvent absorber jusqu’à 700 mL par heure. Malheureusement, il arrive que nous perdions plus de 700 mL par heure. Et là il n’y a pas d’autre choix que de s’arrêter pour refaire les niveaux…

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Lorsque nous transpirons, nous perdons aussi du sel avec l’eau (qui n’a jamais eu de la sueur lui couler dans les yeux, ça pique, non ?). Là encore il faut recharger les batteries. Une alimentation normale permet de combler les pertes de sel sauf en cas d’effort trop intenses/prolongés. En effet, il peut arriver que l’on transpire plus que ce que l’on peut absorber en eau.

Dans ce cas, on va devoir compenser longtemps après l’effort. Il existe des petits sachets de réhydratation (dit « isotoniques ») vendus en pharmacie ou dans les magasins de sport qui aident à refaire le « plein ».

 Coup de chaleur

Malgré si tout cela ne fonctionne pas et que la situation dégénère, comme dans le scénario d’introduction, il va falloir mettre tout en œuvre pour refroidir la victime : la mettre à l’ombre, lui mettre un linge humide si la tête, lui donner à boire si elle est capable de boire toute seule, etc.

En d’autres termes, il faut appliquer ce que l’on vient de voir et ce, le plus vite possible ! Voici une petite illustration pour vous aider :

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Pensez toutefois à ne pas mettre en danger le reste du groupe : ce n’est pas le bon moment pour avoir une deuxième personne victime d’un coup de chaleur.

Rien de bien sorcier, juste du bon sens. Mais les choses simples sont parfois les plus dures à appliquer !

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Le meilleur camouflage du monde

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Mais quel est le meilleur camouflage au monde ? Quel est le camouflage le plus efficace ? Hmmm Hmmm .. je lis et j’entends énormément de choses à propos ces 2 questions .. tels que :

Pour être bien camouflé il faut absolument une Ghillie

Avec du MarPat, c’est digital ça marche partout

Avec le MultiCam on passe inaperçu dans n’importe quel environnement

Je suppose que vous aussi vous avez déjà vu sur FB ces photos de Snipers embusqués qu’il fallait chercher dans le décors en mode Où est Charly !? 19fj1oc7w2vyygif

Où qu’il est le Sniper ? Mais où qu’il est ? 

15 min plus tard ..

sniper

Bah il était là ! Parce-qu’il a le meilleur camouflage au monde !!!!!

 ERREUR !

Il n’y a pas de camouflage parfait. Le seul camouflage parfait est celui qui est adapté à l’environnement dans le quel vous évoluez !! Et ce quelque soit l’environnement, et quelque soit votre tenue.

 

 

Preuve #1 – La Ghillie, arme ultime du camouflage ?

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Oui .. mais NON ! 

Au milieu du métro c’est clairement évident ! On ne voit que lui. Notre attention est totalement focalisée sur la Ghillie car elle n’est pas adaptée à son environnement. Un peu comme un flamand rose au milieu d’un terrain de foot. Alors que la Miss à côté elle passe inaperçue sur la photo.

  • La Ghillie, en forêt européenne Oui !
  • Dans la verdure : Oui !
  • Au milieu du métro : Non !
  • En bâtiment : Non !
  • Dans le désert : Non !
  • Au milieux des rochers : Non !

 

Preuve #2 – Le bleu à rayures jaunes c’est trop visible ?

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Ouais le bleu à rayures jaunes c’est trop visible, sauf sur un sol bleu à rayures jaunes !

Voilà, c’est super ridicule, très vilain, sans doute conçu à l’arrache et ça ne servira spécifiquement que sur ce sol là, mais ces gars là sont camouflés dans cet environnement ci. Et bien c’est ça le camouflage !

Ce qu’il faut retenir :

Je ne dis pas qu’une Ghillie ne sert à rien. Je ne dis pas non plus que s’habiller en Schtroumph à paillettes est la meilleure solution.

Je dis juste que le meilleur camouflage est celui qui est adapté à votre environnement.

Pour ceux que ça intéresse, lisez cet article qui vous permettra de vous camoufler avec rien du tout

Et si les notions de camouflage vous intéresse vraiment, consultez notre rubrique dédiée.

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