Connect with us

Savoir-faire individuels

La perception et les mécanismes du froid

Published

on

Qu’est ce qui fait que nous, espèce fragile dépourvue de poils, ayons réussi à conquérir le globe ?

C’est simple, l’espèce s’est adaptée. Les individus qui survivaient aux froids glacials des nouvelles terres découvertes pouvaient se reproduire. Dans leur descendance, ceux qui se sont adaptés survivaient et pouvaient engendrer une autre génération qui devait elle aussi s’adapter. Et ainsi de suite.

Au fil des siècles notre corps est devenue une fantastique machine à survivre dans beaucoup de conditions, dont le froid.

Essayons maintenant de voir comment le froid agit sur nous et comment le corps s’y adapte… Ou pas…

 

La perception et les mécanismes du froid

 

Définitions et mesures

 

Le froid est défini comme « une privation, une absence de chaleur » ou encore « la sensation que fait éprouver toute déperdition de chaleur »

Le froid (en fait la chaleur d’un point de vue scientifique) est quelque chose de relativement abstrait.

Pour les scientifiques la température théorique la plus basse est d’environ -273,16 °C et elle s’appelle le 0° Kelvin ou zéro absolu (du nom du scientifique ayant établi la première échelle basée sur celui-ci).

Ce qu’il y a d’intéressant dans cette histoire est qu’en fonction de l’échelle utilisée pour étalonner la chaleur, nous n’aurons pas les mêmes chiffres.

Dans le monde, il existe deux échelles principales de températures couramment utilisées : le degré Fahrenheit et le degré Celsius.

Le degré Fahrenheit est basé sur le point de fusion de l’eau pure qui est de 32 degrés Fahrenheit et son point d’ébullition qui est de 212 degrés Fahrenheit au niveau de la mer. L’échelle Fahrenheit a une base nonaire, c’est-à-dire que l’on compte de neuf en neuf.

Le degré Celsius, quant à lui, est basé sur le point de solidification de l’eau non salée qui est de 0 degré Celsius et son point d’ébullition de 100 degrés Celsius au niveau de la mer.

Cet intervalle est ensuite divisé par 10, le degré Celsius a donc une base décimale.

L’échelle Celsius fonctionnant sur une base décimale, elle est plus couramment utilisée que l’échelle Fahrenheit car plus simple d’utilisation.

 

Quelques idées reçues :

Tous les liquides gèlent à 0°C

Faux !!! L’eau de mer, du fait de sa salinité, ne gèle pas à 0°C mais à -1,9°C.

Les Inuits possèdent un gène du froid

Faux !!!  Les Inuits, au cours des décennies, se sont acclimatés au froid.

 

Températures réelles et températures ressenties :

Lorsque les températures sont données par la météo, on entend deux sortes de températures : la température sous abri (sous-entendu la température à l’abri du vent, des précipitations et/ou du soleil) et la température réelle.

En effet, en fonction de la vitesse du vent, la température que l’on ressent (température « réelle ») est abaissée par le phénomène de convection (voir plus bas de quoi il s’agit), c’est ce qu’on appelle l’effet « windchill » en anglais.

De même, en été, le soleil fait « monter » la température « réelle » par les radiations (voir plus bas).

Tableau présentant les effets du vent sur la température ressentie :

 effecf windchill

Tableau « effet windchill »

 

De plus, on entend bien souvent que le froid « humide » est plus mordant que le froid sec. En réalité, la conductivité thermique d’un air saturé d’humidité est sensiblement la même que celle d’un air sec.

Ceci étant, les vêtements qui nous isolent, eux, seront moins efficaces sans compter qu’un temps « humide » est souvent accompagné d’un ciel couvert donc avec un plus faible rayonnement solaire. C’est certainement ce qui explique pourquoi on a l’impression d’avoir plus froid lorsqu’il fait humide.

Pour de plus amples informations, voir les excellentes discutions sur le forum de David Manise : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,29184.0.html

 

Thermodynamique du corps humain

Les modes de transfert de chaleur

L’environnement, la nature, a trouvé d’excellents moyens de nous refroidir. Pas besoin de dessin, tout le monde a déjà eu froid voire très froid dans sa vie.

Voyons donc ces « moyens », qu’à la nature pour nous pomper de la chaleur.

La radiation :

N’importe quel corps chaud produit de la chaleur. Cette chaleur se traduit sous forme d’un rayonnement infra-rouge qui se propage dans toutes les directions.

Comme la lumière, la puissance de ce rayonnement décroit avec le carré de la distance. Donc plus on s’approche de la source de chaleur plus le rayonnement est puissant et plus « ça chauffe » et inversement.

Comme la lumière toujours, les rayons infra-rouge ne traversent pas les corps opaques et voyagent en ligne droite. Ainsi tout obstacle opaque (pierre, bois, etc.) renverra les rayonnements, donc la chaleur, à l’opposer d’où ils viennent. La couverture de survie fonctionne selon ce principe : enroulé dedans, elle nous renvoie nos propres rayons infrarouges.

On peut aisément tricher pour récupérer ces rayonnements : mettre un réflecteur (une couverture de survie par exemple) derrière notre dos afin de renvoyer quelques rayons infrarouges vers celui-ci et ainsi augmenter un peu le confort. Quiconque s’étant déjà assis près d’un feu de camp sait que normalement on a trop chaud devant et on a froid dans le dos…

Conduction :

La conduction thermique est un transfert « de chaleur » entre deux « objets » solides à température différente. La conduction d’un objet se fait toujours du milieu le plus chaud vers le moins chaud. Une fois que les deux objets ont atteint une température égale, la conduction s’arrête.

Voyons concrètement ce phénomène de conduction thermique :

Photographie d’un support froid pris à l’aide d’une caméra thermique :

conduction 1

Photographie du même support avec cette fois-ci une main posée dessus :

conduction 2

 

Photographie du support 10 secondes après avoir retiré la main.

photo conduction 3

On observe que le support a « absorbé » par conduction une partie de la chaleur de la main :

On constate aisément que la main a « transmis » une partie de sa chaleur à la table par conduction. La main s’est donc refroidie et la table s’est réchauffée.

Pour éviter ce phénomène il faut bloquer le transfert de chaleur par une matière isolante. C’est le domaine où le matelas en mousse est roi ;). À défaut, un bon lit de branchage ou n’importe quoi d’isolant fait l’affaire.

Convection :

La convection est un échange thermique qui se produit au contact entre un objet solide et un fluide (comme l’eau ou l’air), ou entre deux fluides. C’est un phénomène similaire à la conduction sauf qu’il y a déplacement de matière (le fluide en question).

En effet, en « prenant » de la chaleur à un objet plus chaud que lui (le corps par exemple), le fluide  se réchauffe, il change de densité (il devient moins dense) et se déplace (il monte quand il se réchauffe et descend quand il se refroidit). Par exemple, l’air en contact avec le corps humain se réchauffe et sa densité diminue. Cette masse d’air réchauffée monte alors puis elle est immédiatement remplacée par par une nouvelle masse d’air froide.

Ainsi, dans un système ouvert comme l’atmosphère, le corps perd de la chaleur en continu car il n’y aura jamais une température d’équilibre entre la quantité astronomique d’air froid et notre frêle petit corps. Pour éviter ce phénomène, il faudrait se mettre dans une bulle étanche (un abri, un sursac de couchage, une tenue NRBC…). Une fois la masse d’air de la bulle à la même température du corps, on ne perd plus de chaleur par convection (dans les fait, on en perd toujours un peu car ce n’est jamais 100 % étanche).

L’évaporation :

Notre corps, pour réguler sa température interne lorsqu’il a trop chaud, a besoin d’évacuer une partie de cette chaleur vers l’extérieur afin de faire baisser sa température interne. Nous connaissons tous le phénomène de transpiration : quand on a trop chaud ou que l’on fait du sport, le corps produit de la sueur.

Aidée par le phénomène de convection cette sueur disparaît de la surface de la peau en se transformant en gaz. Et pour se transformer en gaz, l’eau liquide a besoin d’une grande quantité de chaleur ; quantité de chaleur qui est prise au corps. C’est par ce phénomène que le corps régule sa température.

De même, lorsqu’on respire, l’air expulsé est chaud (tout le monde a déjà fait de la buée en soufflant sur une vitre : c’est la condensation de l’air chaud chargé d’humidité sur une surface froide).

Afin d’éviter ce phénomène, vous allez me dire qu’il suffit de ne pas transpirer et de respirer calmement par le nez. Et vous avez raison ! Mais il existe aussi la transpiration « subie » : tout le monde a déjà été trempé au moins une fois dans sa vie et a eu cette désagréable sensation qu’une force inconnue vous refroidit en permanence… Et bien, la chaleur de votre corps sert à évaporer l’eau des vêtements au lieu de rester « en interne » : vous vous refroidissez.

Pour éviter cela, il faut à tout pris empêcher l’évaporation : éviter d’être mouillé, changer de vêtement, s’enrouler dans quelque chose d’étanche (vous baignerez dans votre jus, mais le jus sera chaud 😉 ).

Ces quatre facteurs: radiation, conduction, convection et transpiration contribuent donc au refroidissement général du corps humain. Pour s’en souvenir, utilisez l’acronyme « CREC ».

Les zones de transfert de chaleur :

Le corps humain perd de la chaleur par notre fameux « CREC ». Mais il ne la perd pas de manière homogène. En effet, certaines zones sont plus vascularisées que d’autres car étant le siège des fonctions vitales de notre corps.

Le sang étant le transporteur de chaleur dans tout notre corps (pour une grande partie), on perd ainsi en moyenne : 20 % de chaleur par la tête, 20 % par le cou, 20 % par le tronc et 10 % pour chaque membre.

 Zones déperdition chaleur

Schéma zone déperdition chaleur

Le rapport volume/surface :

Avez-vous déjà remarqué que lorsque vous avez froid la nuit vous vous mettiez en boule, en « chien de fusil », en position du « foetus » ?

Ce réflexe nous permet simplement de perdre moins de chaleur, pourquoi ?

Nous venons de voir comment notre corps perdait de la chaleur (CREC) ainsi que les zones à forts échanges (tête, cou, tronc). Cette chaleur se disperse à la surface de notre peau mais c’est notre corps tout entier qui produit de la chaleur, autrement dit notre « masse », notre « volume ».

Ainsi, lorsque l’on minimise la surface d’échange pour le même volume, on perd moins de chaleur : c’est pourquoi on a tendance à se mettre en boule lorsqu’on a froid.

Merci au lycée Gabriel Touchard de m’avoir permis d’utiliser une caméra thermique ainsi qu’à Criss Kenton et F. pour la relecture.

Guillaume Mussard, moniteur au CEETS.

Logo Airsoft Attitude Vieillit

Continue Reading
Advertisement
5 Comments

5 Comments

  1. StrayCat

    01/12/2014 at 11:11

    Article TRÈS intéressant. Couplé avec un autre sur les techniques de survie à utiliser, ça serait juste parfait. La partie sur les zones de déperdition de chaleur, démontrée à la caméra thermique, est tout simplement géniale et définit bien les priorités.

    • Hugues

      03/12/2014 at 12:04

      Merci !! D’autres aussi techniques et bien documentés suivront très prochainement ! Ainsi que d’autres plus fonctionnels dirons nous. A bientôt !

      • StrayCat

        09/12/2014 at 22:41

        Aurais-tu d’ailleurs une image thermique de l’avant du corps, pour montrer les déperditions de chaleur de l’autre coté ? Voire même du corps en entier ? ça serait très intéressant pour se faire une idée globale.

        • Guillaume

          10/12/2014 at 08:23

          Bonjour,

          Les déperditions sont sensiblements les mêmes d’un côté ou de l’autre puisque c’est l’ensemble du buste qui échange environ 20% de chaleur avec l’environnement. Le dos ne rayonne pas plus que le ventre ;).

          Guillaume

  2. Solso Made4tactics

    26/02/2015 at 11:56

    Super article, bien détaillé est très clair.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Savoir-faire individuels

Les distances d’engagement

Published

on

By

En partie, les engagements sont déterminés par les règles en vigueur. Celles-ci sont variables selon la nature des terrains et des organisations. Les distances d’engagement se font du corps à corps à environ 50 mètres. Certaines répliques vont au delà mais pour faciliter les explications parleront d’une distance générale maximum de 50 mètres.

 

Avant de commencer je me permets un petit rappel. Sait-on jamais ..

Tirer sans identifier sa cible est strictement interdit !

Les 4 règles de sécurité

 


Au corps à corps

La règle établie dès le début de partie va définir si il y a engagement ou pas. Cette distance minimale de sécurité peut varier de 2 à 10 mètres le plus souvent.

Au corps à corps, et dans le cadre ou aucune distance minimale d’engagement n’est imposée, 3 solutions vont alors s’offrir à vous :

  • le “Pan T’es Out” (ou la tape sur l’épaule)
  • le coup couteau
  • la doublette dans la poitrine.

Le “Pan T’es Out”

L’idée est de limitée les risques mais de poursuivre la confrontation. Le premier qui surprend l’autre trop prêt crie le “Pan T’es Out”. L’avantage c’est qu’on est certain d’éviter de faire mal à l’autre. L’inconvénient est que l’autre est souvent persuadé d’avoir crié “Pan T’es Out” avant vous 🙂

Je ne suis pas fan de cette méthode. Elle casse le jeux et pousse souvent au désaccord. Si nécessaire je préconise plutôt la tape sur l’épaule, d’autant plus si vous êtes souhaitez nettoyer discrètement les environs.

Le coup de couteau

On reste dans une philosophie MilSim. C’est sans appel et indiscutable ! sauf si le type d’en face vous sort un “Pan T’es Out” évidemment ….

La doublette dans la poitrine

Ma préférée soit-dit en passant. Mon matériel me permet d’engager au contact. 99% des joueurs sont équipés d’un gilet ou à minima d’une couche de vêtement suffisant, donc selon moi la doublette à la poitrine n’est pas une problématique en soit. Evidemment, si vous jouez avec une saloperie à 2 joules, vous êtes un danger ambulant mais ça vous vous en doutez !

Alors pourquoi la doublette ? Parce que dans le feu de l’action tout le monde à le palpitant qui monte en flèche. Vous êtes en mode effet tunnel, concentré sur votre propre action. Votre cerveau fait un focus sur ce que vous faîtes, et non sur ce que vous subissez. Donc vous risquez de continuer dans votre élan et une bille ne vous stoppera peut-être pas. Alors que la doublette vous casse dans votre élan. Une seule bille pas systématiquement. Testé et approuvé !

Et pourquoi à la poitrine ? Parce que je suis un bourrin mais pas un salopard. C’est la partie de votre corps la plus protégée, et la moins sensible. Les cuisses, les bras, les mains sont souvent moins protégés que votre buste. En outre, votre poitrine est la zone la plus large, la plus facile à acquérir en visé et donc à shooter. C’est comme pour la doublette : la visée à la poitrine est un réflexe : on allume là où c’est le plus direct, le plus facile, le plus sûr.

Quoi qu’il en soit, il est à mon avis totalement proscris d’engager un adversaire à la tête, et ce quelque soit la distance et même si ce dernier porte une protection faciale ou un casque. Il est difficile dans l’action d’analyser si l’adversaire est correctement équipé ou pas, et on n’est jamais à l’abri d’un accident.


A 25 mètres

A 25 mètres, par un tir tendu, avec n’importe quelle réplique, vous devez avoir un tir direct (sinon vous utilisez nu Nerf et vous n’êtes pas sur le bon blog). A cette distance et en respectant les règles de puissance en vigueur, vous pouvez toucher n’importe quelle partie du corps sans problème. Concernant les tirs à la tête, je reste sur mes positions. La surface du corps est 5 fois supérieur à celle de la tête, il n’y a donc aucune raison de la prendre pour cible.

Encore une fois, je vous préconise de doubler vos tirs. “Bim – Bim” .. ça bouge encore : “Bim – Bim”. L’avantage de la doublette ici est double :

  • stopper l’adversaire dans son élan (comme précisé avant)
  • recadrer immédiatement la position de votre canon afin de corriger la trajectoire de votre second tir en temps réel. Le premier shoot est trop à droite, dès le deuxième coup je peux corriger. Si ça rate, la seconde doublette vous permettra de nouveau de corriger votre tir.


A 50 mètres

Je ne sais pas pour vous, mais moi avec mon matos à 50 mètres, ça devient compliqué. Pour beaucoup d’entre-nous le tir tendu se transforme en tir en cloche (ou tir plongeant).

Si vous êtes dans mon cas, posez-vous déjà la question de savoir si il est nécessaire d’engager ?

  • Si l’adversaire se déplace rapidement, bonne chance.
  • Si l’adversaire est à couvert, ça va être difficile.
  • Si l’adversaire ne vous a pas repéré, peut-être vaut-il mieux temporiser et attendre d’avoir une fenêtre de tir plus favorable.

Si vous engagez l’adversaire à 50 mètres, la technique de la doublette rapprochée va vous être très utile. Comme expliqué précédemment vous allez corriger en temps réel votre tir afin de compenser l’effet plongeant.


Et au delà de 50 mètres..?

 

Logo Airsoft Attitude Vieillit

Continue Reading

Savoir-faire individuels

La vie en bivouac pour les nuls

Published

on

Voilà comment fonctionne le Ltn Winters en bivouac depuis toujours. Si vous n’avez jamais bivouaqué lisez ce qui suit. Ces conseils sont à titre d’exemple … et puis un peu de rusticité pour une op c’est cool non ?

Le sommeil

Il est important de reposer le corps et l’esprit pour être toujours d’attaque dans la nuit ou le lendemain. Surtout si vous comptez enquiller sur une Opé de 48 heures ou plus. Que vous soyez habitués ou non, privilégier de bonnes phases de sommeil est primordial ! Dormez bien dès que vous le pouvez !

Nos petits conseils :

  • Ne mangez pas trop lourd avant d’aller dormir (genre pizza en entrée, raclette et pot de Nutella.. je dis ça parce que c’est du déjà vu..)
  • Respirer fortement pour récupérer de l’oxygène
  • Buvez beaucoup d’eau, beaucoup … vraiment beaucoup d’eau MAIS pas plus de 70cl en moins de 20mn, c’est la limite d’ingestion du corps pour enlever les toxines. Prévoyez aussi un repérage pause pipi pour la nuit avant de vous coucher.
  • Vous pouvez dormir assis, debout, allonger, etc (même en marchant, si si, véridique !). Évidemment privilégiez autant que faire se peut la position qui vous est le plus confortable en fonction de la situation.
  • Ne discutez pas des heures au coin du feu, ne chahutez pas comme des gosses de 16 ans qui font leur première boom, bref restez calme et détendus.

Voilà pour les conseils bisounours. C’était le côté idéal pour dormir maintenant passons à la réalité.

S’il fait froid

Si vous avez froid, alors vous être en train de commencer la phase dite d’hypo-thermie : donc c’est pas bon ! Relisez nos articles sur le sujet !

Les indispensables :

  • Prenez un tapis de sol léger MAIS avec un revêtement en aluminium, celui si va garder la chaleur et vous isoler du sol. Si les sans abris tentent de s’isoler du sol ce n’est pas pour rien. Le froid remonte du sol !
  • Prenez un duvet dit de survie (soit en sac soit en tarp, avec pareil un revêtement en aluminium). Franchement les deux ce n’est pas cher, et ça sera rentabilisé quand vous dormirez.
  • Mettez un bonnet !!!

Les petits conseils supplémentaires :

  • Mangez deux trois gâteaux secs avant de dormir (ex : LU), noisettes, noix de cajou, etc.
  • Buvez, encore et toujours comme d’hab. On se déshydrate également avec le froid. Si si ..
  • Mettez vos vêtements secs pour le lendemain  au fond de votre duvet. Ca vous permet de vous réchauffer les pieds et vous aurez des habits chauds au réveil 🙂
  • Personne n’y pense mais prenez-vous un treillis de rechange pour le « spécial dodo » en taille plus grande pour plus de confort.
  • Pensez à vous installer confortablement (tirer les cordes pour le tarp, nettoyer le sol pour éviter les cailloux et branches, etc.)
  • Si vous voulez un matelas, allez acheter un rouleau de sac poubelle de min 150l et remplissez le de feuilles 🙂  … et si vous réfléchissez bien ça fait aussi sac de couchage express pour être prêt à partir en 10s secondes !

 

Manger

Manger est tout aussi important que le sommeil. Manger c’est votre carburant pour tenir la journée ! C’est indispensable ! Vous ne tournez au moteur hybride pro écolo, non votre corps est un bon char T55 qui fait du 80l/100km donc il faut faire le plein :

  • Ne prenez pas de plat en sauce (indigestes).
  • Pas de jus d’orange ni de lait (indigestes).
  • Préférez les repas « secs » (barres de céréales, boite de conserves genre raviolis, viande séchée, sachet de m&ms, noisettes, noix, fruits secs, etc.) ou pré-cuits car vous pouvez les manger en marchant. Vous pouvez aussi les manger froid. Bref gain de temps, discrétion, et d’apport calorique imbattable !
  • Ne prenez rien de lourd si vous savez que vous ne le mangerez pas ou pas tout ce qu’il y dedans (ex : les rations de combat)
  • Prenez de l’eau, beaucoup d’eau.
  • Mangez entre les repas des barres de céréales, gâteaux sec etc. Evidemment ne mangez pas comme 10 comme un goret !

Personnellement voilà ce que je prends en général (chacun fait ce qu’il veut et en fonction de ses besoins nutritionnels !!!) :

  • Sachet de 1kg de mélange de noix, noisettes, noix de cajou, etc.
  • M&ms
  • Boite de corned beaf de 250g par repas
  • Boite de ravioli mangé froid de 250g

Et voilà mon plateau repas digne du Ritz.

 

Hygiène

Il n’y a pas 36 solutions : les fameuses lingettes pour bébés !! C’est compact, pas cher, et ça permet de :

  • Se laver les mains pour les repas
  • Se laver la tête pour le camo
  • Se laver les pieds après les marches
  • Se laver le zeub, les fesses et les dessous de bras (version nettoyage rapide pour une sensation de propre).
  • Se laver tout court … oui je sais y pas la douche ou le bain chaud mais vous n’aurez pas la rivière (froid au passage) pour vous laver au moins.

Petit bonus : le flacon hydroalcoolique au cas ou..

Confort

Très généralement le raisonnement suivant fonctionne assez bien : le confort apporte un plus mentalement. Et ce bénéfice est proportionnel au poids de la solution. En gros : plus ça pèse, plus ça fait plaisir ! A vous de juger ce qui est le plus important pour vous et ce que vous pouvez emmener !

  • Chaussettes en plus
  • Chaufferettes
  • Chaussettes spéciales « froid »
  • Réchaud pour manger ( chaud forcément)
  • Un matelas en mousse mais rigide (comme ceux de l’armée allemande ou US)
  • Sacs poubelles fermés des habits de rechange ou des objets sensibles à la pluie
  • Hamac
  • Cordes
  • TV
  • PlayStation
  • Etc…

Continue Reading

Savoir-faire individuels

La thermorégulation du corps humain (2/3)

Published

on

L’Homme est un animal homéotherme, il a besoin d’avoir sa température centrale constamment aux alentours de 37,5°C. Malheureusement, la nature fait tout pour nous pomper de la chaleur, comme nous venons de le voir. Le corps doit donc réagir pour ne pas se refroidir.

 

Chez l’Homme, lorsque les thermo-récepteurs sensibles au froid captent une baisse de la température cutanée due au froid (de l’ordre du dixième de degré !) une série de mécanismes innées et involontaires est déclenchée.

 

À court terme

 

La vasoconstriction 

 

Lorsque notre corps a froid, une des premières réactions de celui-ci, sous l’effet de l’adrénaline, va être de contracter ses petits vaisseaux sanguins proches de la peau (capillaires) ainsi que les petites artères qui irriguent doigts, oreilles, orteils et nez. En effet, ces parties représentent de grandes surfaces d’échange proportionnellement à leur taille et au volume sanguin qu’elles contiennent, le corps va donc d’abord chercher à économiser sa chaleur qui part par là.

Ceci permet de limiter les échanges thermiques entre notre peau et l’extérieur : comme nous l’avons vu plus haut, le corps perd de la chaleur (ou énergie), «captée» par notre environnement (soit par conduction, convection, radiation ou évaporation, vous vous souvenez ?). Cette chaleur est en majeure partie transportée par le sang et en étant sous la peau elle est donc facilement exposée à notre environnement. Le sang est alors transporté vers le centre de l’organisme où il sera protégé des déperditions de chaleur puisque mieux isolé (plus de masse adipeuse -graisse- au centre de la masse qu’aux extrémités). De plus, cela permet aux organes vitaux de rester alimentés par du sang à température idéale.

Ainsi, ces parties périphériques seront toujours sacrifiées au profit du noyau vital en cas de nécessité.

 

Frissonnement

 

En plus de la vasoconstriction des vaisseaux sanguins périphériques permettant de conserver la chaleur, un mécanisme va être mis en jeu pour produire de la chaleur : une hormone, l’acétylcholine, est sécrétée et va augmenter la contractilité de nos muscles.

Autrement dit, plus on a froid plus les muscles auront tendances à se contracter facilement, jusqu’à ce que cela devienne involontaire, c’est le frissonnement.

Ces frissonnements sont tellement puissants que seul le meilleur carburant de notre corps peut les alimenter : le glycogène (sorte de glucose transformé qui est stocké dans le foie pour la majeure partie mais aussi dans les muscles eux-même). Le problème est que nos réserves de glycogène sont limitées : on a environ 24 H de glycogène stocké dans notre organisme.

Le frissonnement ne peut donc pas être infini. C’est notre ultime recourt face au refroidissement et il faut tout faire pour éviter d’en arriver là !

 

Thermogenèse volontaire

 

Un autre mécanisme peut entrer en jeux dans la production de chaleur grâce aux muscles à court terme : la thermogenèse volontaire.

Par exemple, un individu exposé au froid qui décide de marcher va produire de la chaleur. Au repos, un corps humain moyen produit en 70 et 100 watts de chaleur, alors qu’en activité physique intense, il peut dégager jusqu’à 1500 watts!

 

L’horripilation 

 

Nos ancêtres, il y a encore quelques millions d’années, étaient recouvert d’une épaisse couche de poils.

L’érection des poils avait pour but de conserver la chaleur en emprisonnant une importante couche d’air sous les poils en augmentant leur volume (l’air étant le meilleur isolant qui soit).

Aujourd’hui, ce réflexe n’est plus d’aucune utilité puisque notre corps n’est quasiment plus poilu. A la place, nous portons des vêtements ayant exactement le même but : se protéger du froid (en emprisonnant une couche d’air plus ou moins épaisse).

 

À long terme

 

Augmentation de la couche de graisse

 

À l’approche de l’hiver, notre organisme stimule l’appétit pour les aliments riches en graisse. La graisse étant un très bon isolant et stockée sous la peau, se réflexe permet d’augmenter notre isolation corporelle (et donc de mieux résister au froid).

De plus, comme nous le verrons plus tard, dans « thermogenèse involontaire du corps humain », cette graisse possède certaines propriétés qui font d’elle un moyen de chauffage en plus d’être isolante.

 

Adaptation à l’hypothermie

 

Les Inuits vivent très bien par des températures largement négatives sans pour autant ressembler à des bibendums accumulant les couches de vêtements… Pourtant, il n’existe pas de gêne du froid.

Il a été montré que le corps des Inuits s’était adapté, depuis leur enfance, à l’environnement dans lequel ils vivaient.

En effet, les Inuits n’ont pas besoin d’avoir une température interne de 37° C mais peuvent fonctionner naturellement à 36 voire 35°C (nous verrons plus loin qu’à cette température un individu non acclimaté serait déjà en hypothermie légère).

De plus, contrairement à un individu non acclimaté, les Inuits ont une proportion d’adypocytes bruns au niveaux du cou et des joues beaucoup plus importante, ce qui leur permet de brûler beaucoup plus de graisse dans cette zone et donc de produire de la chaleur (cf paragraphe ci-dessous).

À travers cet exemple, nous voyons bien que le corps peut s’acclimater au froid en y étant exposé quotidiennement sur une longue période.

 

Thermogenèse involontaire du corps humain

 

La couche de graisse décrite plus haut est stockée dans deux types distincts de cellules adipeuses.

Nous avons tout d’abord les adipocytes blancs qui stockent les graisses et ensuite les adipocytes bruns qui les brûlent.

Sous l’effet d’une hormone, la noradrénaline, l’organisme va stimuler la création d’adipocytes bruns qui vont ensuite se mettre en activité pour «brûler» la graisse (stockée dans les adipocytes blancs) et donc augmenter le métabolisme basal et produire de la chaleur. Cela permet de ne pas puiser dans nos réserve de glucose, comme c’est le cas lors du frissonnement.

Si notre alimentation est assez riche en graisses et que nous sommes acclimatés, notre organisme peut donc produire assez de chaleur pour conserver sa température interne stable dans le froid grâce aux adipocytes bruns sans utiliser sa réserve « de la dernière chance » et déclencher le frissonnement.

Ainsi, c’est en majeure partie par l’augmentation des adipocytes blancs et bruns que se fait l’acclimatation à long terme au froid.

 

 

Guillaume Mussard, moniteur au CEETS.

Continue Reading

Rejoignez-nous sur Facebook

Explorer une thématique

Tendance

Copyright © 2012 Blog Airsoft Attitude - Pour nous contacter : blog.airsoftattitude@gmail.com